Conflit au Moyen-Orient : les cours du pétrole chutent après une infox du secrétaire américain à l’Énergie
© Morteza Nikoubazl/NurPhoto Source: Gettyimages.ruLe secrétaire américain à l’Énergie a affirmé sur X que la marine américaine avait escorté «avec succès» un pétrolier à travers le détroit d’Ormuz, passage par lequel transitent 20% du pétrole mondial. Son message a ensuite été supprimé, tandis que Washington et Téhéran ont démenti l’information. Les cours du pétrole ont quant à eux plongé.
Le « cafouillage » paierait-il ? Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a annoncé ce 10 mars sur le réseau social X que la marine américaine avait « escorté avec succès » un pétrolier traversant le détroit d’Ormuz, « pour garantir la continuité de l'approvisionnement des marchés mondiaux en pétrole ».
« Nous avions annoncé que nous nous assurerions que les pétroliers puissent passer, un gros pétrolier l’a fait il y a environ 36 heures et je pense que nous en verrons d’autres », s’est-il félicité d’après des propos cités par des titres de presse qui se sont faits l’écho de l’affaire.
En effet, quelques minutes plus tard, la publication a été supprimée. « Je peux confirmer que la marine américaine n'a escorté aucun pétrolier ni aucun navire à l'heure actuelle », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, contredisant ainsi le secrétaire à l’Énergie.
« D'après des sources militaires bien informées, c'est faux », avait également assuré sur X une journaliste de la chaîne américaine Fox News. « À ce jour, aucun navire pétrolier américain n'a été escorté par des forces armées américaines dans le détroit d'Ormuz, contrairement aux affirmations du secrétaire à l'Énergie, Chris Wright », a-t-elle ajouté.
This is not true, I am told from well placed military sources. No US military assets have escorted any oil tankers through the Strait of Hormuz as of yet, despite Energy Secretary Chris Wright’s claim to the contrary. https://t.co/DeM6d8v7he
— Jennifer Griffin (@JenGriffinFNC) March 10, 2026
Les Gardiens de la révolution ont également réagi à l’affaire. « Aucun navire de guerre américain n’a osé s’approcher de la mer d’Oman, du golfe Persique ou du détroit d’Ormuz durant ce conflit », a déclaré leur porte-parole, Ali Mohammad Naïni.
L'affirmation de Chris Wright aurait néanmoins été bien reçue par les marchés. S'ils étaient déjà orientés à la baisse, les cours du Brent et celui du WTI ont nettement reculé dans la foulée de l'annonce de Wright, de respectivement 15 % et 17 %, repassant sous les barres des 85 et 80 dollars le baril et marquant leur plus fort replis en quatre ans.
Les États-Unis et Israël ont lancé le 28 février une nouvelle campagne de frappes contre l’Iran, tuant d’entrée le guide suprême Ali Khamenei et plusieurs dizaines de hauts responsables. Téhéran a annoncé, parmi les mesures de représailles, qu'il comptait bloquer le trafic maritime passant par le détroit d'Ormuz.
Environ 20 % de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitent par ce détroit coincé entre le Sultanat d'Oman et l'Iran. Le président américain Donald Trump a menacé de frapper l'Iran « beaucoup plus fort » si Téhéran « prenait le monde en otage » en bloquant l'acheminement de l’or noir via le détroit d'Ormuz.