Une annexe sécuritaire publiée conditionne le désarmement du Hezbollah au retrait israélien
© Getty ImagesL'annexe sécuritaire fait du désarmement du Hezbollah la condition du retrait israélien du Liban-Sud. Elle prévoit des zones pilotes contrôlées progressivement par l'armée libanaise sous supervision d'un mécanisme de coordination militaire. Les États-Unis accompagneront le suivi et le règlement des éventuels différends.
L'annexe sécuritaire signée dans la soirée du 26 juin à Washington entre le Liban et Israël, en parallèle de l'accord-cadre conclu entre les deux pays, a été rendue publique le 29 juin. Ce document, dont l'authenticité a été confirmée par L'Orient-Le Jour après sa publication par la journaliste Hiba Nasr d'Asharq Bloomberg, détaille les modalités de mise en œuvre du volet sécuritaire des négociations.
Son axe central est le désarmement du Hezbollah et des autres groupes armés non étatiques, présenté comme une condition préalable au retrait progressif de l'armée israélienne du Liban-Sud.
Le texte établit un mécanisme de coopération inédit, baptisé « Groupe de coordination militaire pour le Liban » (MCG4L), chargé d'assurer la coordination, la vérification et le suivi de l'application de l'accord. Cette structure, qui fonctionnera en continu, servira de canal militaire indirect entre les deux pays et supervisera le calendrier des différentes étapes.
Quid de l'application avec le Hezbollah ?
L'annexe prévoit d'abord la création de « zones pilotes » situées au sud du fleuve Litani. Dans ces secteurs, un processus en quatre phases sera appliqué. La première consiste à neutraliser les groupes armés non étatiques, notamment par la saisie ou la destruction de leurs armes, tunnels, dépôts et centres de commandement. Une deuxième étape prévoit la vérification de ce démantèlement par une tierce partie agréée par les deux États.
Une fois cette vérification effectuée, les Forces armées libanaises (FAL) prendront le contrôle exclusif des zones concernées afin d'empêcher toute reprise des activités militaires de ces groupes. Enfin, l'État libanais dirigera les opérations de reconstruction avec le soutien de la communauté internationale.
Le document précise que les FAL auront la responsabilité de conduire le processus de désarmement du Hezbollah et de l'ensemble des groupes armés non étatiques, en veillant à ce qu'ils ne conservent ni rôle militaire ni capacités opérationnelles sur le territoire libanais. La vérification du désarmement sera menée parallèlement aux opérations sur le terrain.
En contrepartie, Israël s'engage à réduire progressivement sa présence militaire au Liban-Sud, puis à retirer définitivement ses forces, mais uniquement après la réussite d'un processus de désarmement jugé complet et vérifiable. Le calendrier de ce redéploiement sera élaboré par le MCG4L en coordination avec le déploiement de l'armée libanaise.
L'objectif affiché est de restaurer l'autorité exclusive de l'État libanais sur l'ensemble de son territoire tout en assurant la sécurité durable d'Israël. Les États-Unis joueront un rôle de facilitateur à travers des réunions périodiques d'évaluation. Tout différend portant sur l'interprétation ou l'application de l'annexe devra être examiné dans le cadre de discussions trilatérales.