Damas propose à Beyrouth une feuille de route politique sur le dossier des armes
© Getty ImagesEn visite à Beyrouth, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad el-Chibani, a présenté une initiative fondée sur la coopération politique, économique et sécuritaire entre la Syrie et le Liban. Damas affirme soutenir un dialogue autour du monopole des armes par l’État libanais, tout en excluant toute confrontation militaire avec le Hezbollah.
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chibani, s’est rendu à Beyrouth le 2 juillet, porteur d’une initiative manuscrite du président syrien Ahmed al-Chareh, destinée à ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre la Syrie et le Liban. Présentée sous le signe de « l’assistance et de la complémentarité », cette proposition vise à tourner la page des tensions passées en privilégiant la coopération politique, économique et sécuritaire entre les deux États.
Damas insiste notamment sur le fait qu’elle n’a aucune intention d’intervenir militairement au Liban ni d’ouvrir un nouveau front contre le Hezbollah. L’objectif affiché est de renforcer les institutions libanaises tout en favorisant une coordination bilatérale face aux défis sécuritaires communs, notamment les frappes israéliennes et la question des territoires encore occupés, dont les fermes de Chebaa.
L’initiative s’appuie également sur les principes de l’accord de Taëf de 1989, qui prévoit des relations privilégiées entre Beyrouth et Damas ainsi que le monopole des armes par l’État libanais. Selon plusieurs sources, la Syrie se dit prête à faciliter un dialogue entre les différentes composantes politiques libanaises afin d’accompagner progressivement la question sensible du désarmement des groupes armés, tout en garantissant la sécurité de chaque communauté.
Ecarter l'option militaire contre le Hezbollah
Au cœur de cette démarche figure aussi le président du Parlement libanais, Nabih Berry, considéré par Damas comme un interlocuteur incontournable. Les autorités syriennes estiment qu’il pourrait jouer un rôle clé dans la recherche d’un consensus national autour d’une stratégie de défense reposant sur un renforcement de l’armée libanaise et un retrait progressif des armes, d’abord au sud, puis au nord du fleuve Litani.
L’initiative n’exclut pas non plus l’ouverture de canaux de communication, directs ou indirects, avec le Hezbollah, si cela contribue à la stabilité des deux pays. Ahmed al-Chareh estime que les différentes organisations armées de la région ont souvent été instrumentalisées par des rivalités régionales et internationales, appelant désormais à privilégier les solutions politiques nationales.
Enfin, Damas rejette catégoriquement les spéculations évoquant une éventuelle intervention militaire syrienne contre le Hezbollah. Les responsables syriens affirment qu’un conflit entre les deux pays ne profiterait qu’à Israël et défendent, au contraire, une coordination directe sous parrainage arabe, afin d’éviter que le Liban et la Syrie ne deviennent les terrains d’affrontement des puissances régionales.