«Nous n'avons pas besoin de Bruxelles» : le vote sur la reprise des négociations avec l'UE divise profondément l'Islande

Les Islandais se prononcent ce 29 août sur une éventuelle reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne. Le scrutin divise le pays presque à égalité, tandis que le secteur de la pêche redoute les conséquences d'une intégration.
Les Islandais sont appelés aux urnes ce 29 août pour décider si leur pays doit reprendre les négociations en vue d'une éventuelle adhésion à l'Union européenne. Un dossier abandonné depuis plus d'une décennie et qui revient aujourd'hui au cœur du débat politique, dans un pays profondément partagé sur la question.
La perspective d'un rapprochement avec Bruxelles suscite notamment une forte opposition dans le secteur de la pêche. Des pêcheurs islandais craignent qu'une adhésion à l'Union européenne n'affaiblisse durablement leur activité. L'un d'eux estime ainsi que l'industrie halieutique entrerait en déclin, si le pays rejoignait l'UE et accuse le gouvernement de privilégier ses propres intérêts. « Nous n'avons pas besoin de Bruxelles pour décider comment nous devons vivre et gérer nos affaires », a-t-il notamment déclaré.
Le débat européen n'est pourtant pas nouveau dans l'île. Reykjavik avait officiellement déposé sa candidature à l'Union européenne en juillet 2009, avant l'ouverture des négociations l'année suivante. Le processus avait ensuite été suspendu en 2013. Deux ans plus tard, en 2015, les autorités islandaises avaient demandé que le pays ne soit plus considéré comme candidat à l'adhésion.
Plus de dix ans après cette décision, l'opinion publique apparaît extrêmement divisée. Selon un sondage Maskina réalisé du 21 au 25 août, 51,3 % des Islandais se déclarent favorables à la reprise des négociations, contre 48,7 % qui s'y opposent.
Une victoire du camp favorable au dialogue avec Bruxelles pourrait conduire à une reprise des discussions avant la fin de l'année 2026. D'après un mémorandum du ministère islandais des Affaires étrangères, celles-ci pourraient ensuite durer entre 18 et 24 mois. Le résultat du référendum ne déterminera toutefois pas directement l'entrée de l'Islande dans l'Union européenne. Même en cas de victoire du « oui », il ne s'agira que d'autoriser la reprise des négociations. Si celles-ci aboutissent à un accord d'adhésion, ce dernier devra à son tour être soumis aux Islandais lors d'un nouveau référendum.
L'Islande entretient déjà des liens étroits avec l'Union européenne. Le pays appartient à l'Espace économique européen ainsi qu'à l'espace Schengen et participe au marché unique de l'UE, sans être membre de l'organisation.
La question d'une adhésion complète a retrouvé une place centrale dans le débat islandais sur fond de hausse du coût de la vie et d'évolution de l'environnement sécuritaire. Selon l'ancien Premier ministre islandais Torsteinn Palsson, compte tenu du changement des relations avec les États-Unis, une adhésion pleine et entière à l'Union européenne est devenue pratiquement impossible à éviter, si l'Islande entend protéger ses intérêts à long terme.