États-Unis : la justice rejette la plainte de Trump contre le Wall Street Journal pour 10 milliards de dollars
Source: APLa justice américaine a rejeté pour la deuxième fois la plainte de Donald Trump contre le Wall Street Journal, au sujet d’une lettre attribuée au président américain et adressée à Jeffrey Epstein. Le tribunal estime que les arguments avancés par Trump ne suffisent pas à établir une diffamation. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel.
Un juge fédéral de Floride a rejeté, le 31 octobre, pour la deuxième fois, la plainte en diffamation de Donald Trump contre le Wall Street Journal (WSJ). Le président américain réclamait au moins 10 milliards de dollars de dommages et intérêts au quotidien et à plusieurs de ses responsables pour un article publié en juillet 2025, évoquant une lettre qu’il aurait adressée au financier Jeffrey Epstein en 2003. Le juge Darrin Gayles a cette fois rejeté la plainte sans autoriser Trump à en déposer une nouvelle version.
La lettre en question aurait été envoyée à Epstein pour son 50e anniversaire. Figurant dans un album de messages préparé par Ghislaine Maxwell, le document comporte un dessin de femme nue ainsi qu’une signature attribuée à Trump. Il se termine par ces mots : « Joyeux anniversaire. Que chaque jour soit un autre merveilleux secret. »
Le président américain a catégoriquement contesté l’authenticité du document, le qualifiant de faux et assurant n’avoir ni rédigé ce message ni réalisé le dessin. Il a alors engagé des poursuites contre le WSJ, son éditeur Dow Jones, le groupe News Corp et plusieurs de ses responsables, dont Rupert Murdoch.
En avril 2026, le juge Gayles avait déjà rejeté une première version de la plainte, tout en autorisant les avocats de Trump à la modifier. Une nouvelle version a été déposée en mai, reprochant notamment aux journalistes de ne pas avoir suffisamment vérifié leurs informations.
L’affaire s’inscrit dans un contexte de controverses aux États-Unis autour des relations passées entre Trump et Epstein. Condamné en 2008 dans une affaire impliquant une mineure, le financier est mort en prison en 2019, alors qu’il attendait son procès pour trafic sexuel. Les autorités américaines avaient conclu à un suicide.
Le juge estime les arguments de Trump insuffisants
Dans sa décision du 31 octobre, le juge Darrin Gayles a estimé que la nouvelle plainte ne démontrait toujours pas que le WSJ avait publié des informations en sachant qu’elles étaient fausses ou en faisant preuve d’une indifférence manifeste à leur véracité. Le droit américain impose aux personnalités publiques de satisfaire à ce critère particulièrement strict pour obtenir gain de cause dans une procédure en diffamation.
Le magistrat a notamment relevé que les journalistes avaient sollicité les commentaires de Trump et publié son démenti. Il a ainsi rejeté l’argument selon lequel le quotidien aurait dû renoncer à son article après les protestations du président. Une telle obligation porterait, selon lui, atteinte à la liberté de la presse garantie par le premier amendement de la Constitution américaine.
Le jugement ne tranche toutefois pas la question de l’authenticité de la lettre. Il porte sur l’insuffisance des arguments présentés pour établir une diffamation au regard du droit américain.
Les avocats de Trump annoncent un appel
La décision a été saluée par les éditeurs du WSJ. Les avocats de Donald Trump ont toutefois annoncé leur intention de faire appel, réaffirmant leur volonté de demander des comptes aux médias qu’ils accusent de diffuser de fausses informations.
Si le rejet de la plainte empêche le président américain d’en déposer une nouvelle version devant ce tribunal, il ne lui interdit pas de contester la décision devant une juridiction supérieure.