Visé par les récentes sanctions de l’UE, l’analyste franco-russe Xavier Moreau explique sa décision de se présenter aux élections consulaires de fin mars.
Le 15 décembre 2025, le régime français a de nouveau renoué avec l’arbitraire, en condamnant l’auteur de ces lignes à la confiscation de ses biens et à la limitation de sa liberté de circulation. Cette condamnation, par surprise, sans que soit donnée la possibilité d’un procès équitable, sans que le condamné puisse faire appel à un avocat pour se défendre, ramène la France à son triste passé révolutionnaire. L’État de droit a disparu en même temps que les tribunaux censés juger au nom de la loi. Le ministère des Affaires étrangères — nouveau Comité de Salut public — et le Conseil européen — nouveau tribunal révolutionnaire — condamnent désormais sans procès les dissidents européens.
Ce déni de démocratie a l’avantage de révéler à tous ceux qui veulent bien ouvrir les yeux que l’Union européenne est une structure fondamentalement totalitaire. Ses commissions, ses conseils, ses comités exercent un pouvoir de plus en plus tyrannique, tandis que les échecs économiques, militaires et politiques sont de plus en plus difficiles à cacher. L’Union européenne est une idéologie, qui, en tant que telle, est déconnectée de la réalité, ce qui explique sa radicalisation actuelle. Un autre motif de cette radicalisation est la présence aux commandes de cette hyper-structure d’une classe dirigeante particulièrement déficiente, mais qui ne l’est malheureusement pas suffisamment pour ne pas avoir conscience de sa propre médiocrité. Sans l’UE, des personnages comme Kaja Kallas ou Stéphane Séjourné sont condamnés à disparaître sans laisser de trace. Des cohortes de fonctionnaires européens d’origine balte retourneront mourir d’ennui au bord de la Baltique.
Le virage totalitaire de l’Union européenne répond donc à ces deux impératifs : l’idéologie européiste et le maintien des privilèges de la classe dirigeante. Face à ce système aux abois, un citoyen condamné n’a que peu de recours. A peine prononcée, la sentence est exécutée par la direction générale du Trésor. La victime de la répression doit immédiatement annoncer la liste de ses actifs et de ses comptes, sous peine de représailles. Personne ne peut l’aider, sous peine également de représailles : jusqu’à cinq ans de prison pour contournement de sanctions. L’absence de tribunal prive d’un avocat commis d’office. Les recours juridiques sont tellement longs et coûteux que les dissidents n’ont, le plus souvent, d’autre choix que d’accepter leur sort sans contester.
La divine surprise est donc venue du calendrier électoral français et du goût du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, pour les déclarations grandiloquentes. L’accusation d’être un agent de déstabilisation russe est grave. Cela suppose l’appartenance à une structure proche des services secrets russes, dont le but est de provoquer une révolution qui pourrait, le cas échéant, aboutir à un changement de régime. C’est ce que devra en tout cas prouver le ministre marconiste devant la Cour de justice de la République et la 17e Chambre. Cette affaire est, bien entendu, un test pour le système judiciaire français, dont l’impartialité est de plus en plus contestée depuis l’affaire Fillon en 2017. Mais en démocratie, le recours ultime n’appartient pas aux juges, mais au peuple. Le recours suprême est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». L’élection consulaire du 31 mai prochain fera que, finalement, l’ultime verdict sera prononcé par le peuple français souverain en Russie – Biélorussie. Les régimes de Paris et de Bruxelles devront s’y soumettre.
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