Attaque de Starobelsk : quand les médias occidentaux se font complices du crime

Attaque de Starobelsk : quand les médias occidentaux se font complices du crime Source: Gettyimages.ru
Dans la nuit du 21 au 22 mai, l’armée atlantico-ukrainienne a tiré trois salves sur le dortoir du collège de Starobelsk, dans la République de Lougansk.
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Alors que l’Ukraine terroriste assassine des adolescents dans leur école, la majorité des médias occidentaux ajoutent volontairement au crime en relativisant et en manipulant l’information. Une descente dans les techniques de l’empire du mensonge, par Alexandre Regnaud.

La presse francophone ayant raconté à peu près n’importe quoi, ce qui est précisément l’objet de cette analyse, il n’est pas inutile de revenir sur les faits. Dans la nuit du 21 au 22 mai 2026, l’Ukraine a lancé une attaque contre le collège de Starobelsk, une filiale (située dans la ville du même nom) de l'Université pédagogique d’État de Lougansk. Plus précisément, l’attaque a été menée contre le foyer universitaire (le dortoir) de l’infrastructure. Il ne s’agit pas d’un « collège » au sens où on l’entend en France, mais plutôt de ce que l’on appellerait chez nous un lycée professionnel. L’âge moyen des élèves y varie généralement entre 14 et 20 ans. À Starobelsk, on prépare ces jeunes aux métiers de l’enseignement, à quelques spécialités industrielles, et à la gestion administrative.

L’attaque était absolument délibérée, puisqu’elle a eu lieu en trois vagues, avec 16 drones visant le même endroit. Le but des vagues successives est d’empêcher et de viser les secours qui interviennent après la première frappe. Une technique assimilable à un crime de guerre et interdite par la Convention de Genève, mais habituelle pour l’Occident, puisque c’est précisément ce qu’ont fait les États-Unis en Iran le 28 février lors du massacre des petites filles de l’école primaire de Minab (168 victimes, entre 7 et 12 ans), sans parler d’Israël à Gaza ou au Liban. L’Ukraine suit ici fidèlement l’enseignement criminel de ses maîtres.

Crime de guerre et terrorisme, puisque comme l’a affirmé Vladimir Poutine, il n'y avait absolument aucune installation militaire à proximité du dortoir. Une réponse aux mensonges de Kiev qui affirme avoir frappé une usine de drone, et même un quartier général important de drone, sans doute assemblés par les adolescents de 15 ans sous leurs couvertures…

Les décombres déblayés, ce sont 21 morts qui ont été comptabilisés, majoritairement des jeunes filles, entre 17 et 25 ans.

Et à la différence du massacre imaginaire de Boutcha, dont la liste des victimes est toujours attendue depuis 2022 (et pour cause !), les autorités de la RPL ont immédiatement publié les noms des 21 malheureuses victimes du terrorisme ukrainien.

Ce parallèle avec Boutcha est encore plus frappant quand on s’intéresse au traitement médiatique en Occident. On se souvient du battage médiatique en 2022, sans aucun recul, sans aucune enquête, ils en ont même fait un long métrage ! Et pour les jeunes lycéens de Starobelsk ?

Il était difficile de garder le silence radio. L’affaire a été portée par la Russie à l’ONU, et les réseaux sociaux ne permettent plus de cacher complètement un sujet, surtout aussi grave. Mais les médias occidentaux ont un véritable talent pour étouffer une actualité, et surtout pour travestir les faits. Les « grands » médias francophones ne font pas exception.

L’immense majorité, France 24, La Libre Belgique, France Info, La Provence, etc., ce sont contentés, comme à leur habitude, de reprendre la dépêche AFP. Dans le métier, c’est le service strict minimum sur un sujet. Et de la dépêche AFP à leurs propres publications (se limitant en gros à un titre et une accroche), ce sont les mêmes techniques de manipulation qui sont systématiquement employées.

On commence par relativiser la nature même de l’information : « Selon les autorités russes », « a annoncé vendredi le gouverneur local installé par Moscou », « selon Moscou ». Une technique basique de remise en cause de la source, servant, dans une atmosphère de russophobie scrupuleusement entretenue par les mêmes médias depuis des années, à semer le doute sur la fiabilité de l’information, à la remettre en cause, et installer le doute dans la tête du public sur l’existence même des faits.

D’autant plus, et c’est l’étape suivante, que les articles, davantage que de dénoncer le massacre d’adolescents innocents dans le lit de leur dortoir dans leur établissement scolaire, servent avant tout de prétexte pour donner… le point de vue ukrainien.

Le moins ambiguë est ici La Libre Belgique, qui titre carrément « Kiev dit avoir visé une cible militaire en zone occupée et dément avoir attaqué des civils ». La Dépêche, aussi en titre : « Kiev dit avoir visé une cible militaire ». Le Parisien s’interroge, toujours en titre : « lycée ou site militaire ? ». Tous ces articles servent ici principalement à mettre en avant les mensonges ukrainiens afin de relativiser encore un peu plus l’information.

Et quand ce n’est pas directement dans le titre, c’est dans le « chapeau », ou accroche, ces premières lignes qui servent de résumé, et dont se contentent de lire 95 % des lecteurs. Le Devoir et Radio Canada : « Kiev dément », Le Monde : « L'armée ukrainienne dément ». Toujours le même schéma, les mêmes mots aussi.

La palme revient à 20 Minutes qui titre : « Une frappe terrible, deux versions, et Poutine dans une mauvaise passe », on ajoute donc ici la technique du « name dropping » : citer un nom sans aucun rapport direct avec le sujet afin de susciter une association, ici négative bien entendu dans l’esprit des rédacteurs. Le chapeau est à l’avenant : « Un lycée selon Moscou, un QG militaire selon Kiev. ... L’état-major ukrainien assure avoir pris pour cible […] une unité russe spécialisée dans les frappes de drones et qui attaque « régulièrement » des civils en Ukraine ». Et nous voici dans une inversion accusatoire totale qui donne clairement la nausée.

D’autant plus qu’elle vient en contradiction flagrante avec les faits, comme je l’étudiais déjà en détail, concernant les victimes civiles, et chiffres à l’appui, dans cet article se demandant déjà si l’Occident avait encore le moindre sens moral.

Une analyse confirmée encore une fois ces derniers jours par la riposte russe au massacre des 21 innocents de Starobelsk. Sur les 149 sites touchés par l’armée russe dans la nuit du 23 au 24 mai, par 90 missiles (dont deux Orechnik) et 600 drones, majoritairement soi-disant, d’après les Ukrainiens, sur des sites civils bien sûr, on dénombre… 4 morts (d’après Zelensky, cité par Le Monde).

Donc quand les Ukrainiens frappent un site « militaire », ils tuent 21 adolescents, principalement des jeunes filles, dans leurs lits, mais quand la Russie frappe 149 sites « civils », notamment avec l’arme conventionnelle la plus puissante en service dans le monde, il y a 4 morts ? Et Macron et Kallas condamnent encore la réponse russe sans avoir eu un seul mot pour les adolescents de Starobelsk ? Et les médias serviles relaient ça ? Et même construisent volontairement un narratif autour de ça ?

Alors que 50 journalistes de 19 pays viennent de visiter le site du drame à l’initiative de la Russie (bien sûr CNN ou la BBC avaient mieux à faire, ou plutôt savaient déjà ce qu’ils allaient y trouver), il reste à ceux parmi eux qui auront la dignité d’essayer de faire correctement leur métier à rendre compte de manière professionnelle de ce qu’ils ont vu et entendu. Le simple récit de la vérité suffira à établir les faits.

Quant au reste, à ceux qui salissent leur profession de la manière que nous venons d’analyser ici, et participent volontairement et délibérément à cet empire du mensonge, honte à eux, ils ne sont rien d’autre que les complices objectifs de ces crimes.

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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