Les personnalités gouvernantes occidentales sont systématiquement confrontées à une chute vertigineuse de leur popularité, dès qu’elles commencent à gouverner. Pour Karine Bechet, les élections ne permettent plus de véritable changement de gouvernance, elles ne sont qu’un moyen de changer de visages, pour que surtout rien ne change.
Rappelons-nous l’arrivée de Trump à la présidence américaine pour son deuxième mandat. Sa réélection après la descente aux enfers sous Biden avait provoqué beaucoup d’espoir. La priorité devait être donnée aux États-Unis, l’époque des guerres impériales américaines devait prendre fin et celles en cours devaient rapidement être terminées.
Finalement, les Américains continuent à renverser les gouvernements qui ne les servent pas ; la guerre en Ukraine n’est pas remise en cause – seul le circuit de financement est reconfiguré ; le Moyen-Orient est à nouveau en feu ; et la Chine et la Russie sont à nouveau des « ennemis », chacun à sa manière – la Chine économiquement, alors que la Russie représente le principal danger politique.
N’ayant pas réellement pu changer la situation économico-sociale aux États-Unis et ayant continué la politique interventionniste et militariste de ses prédécesseurs, la cote de popularité de Trump a chuté. Selon une dernière enquête CNBC, « le taux d'approbation du président Trump s'élève actuellement à 40 %, tandis que 59 % désapprouvent sa gestion du pays ».
Les Républicains ont remplacé les Démocrates... et fondamentalement rien n’a changé.
En Grande-Bretagne, Keir Starmer a dû démissionner de son poste de Premier ministre en raison de son impopularité croissante, alors qu’il n’était en poste que depuis juillet 2024. Starmer avait pris ses fonctions après la victoire écrasante des Travaillistes aux législatives, qui avait mis fin à quatorze années de gouvernements conservateurs. La crise sociale n’a pas été enrayée, la crise économique non plus et malgré le Brexit, la Grande-Bretagne s’est alignée sur la politique de l’UE ; des partenariats ont limité les effets de sa sortie de l’organisation européenne.
Les Travaillistes n’ont pas changé la donne, Keir Starmer est parti et Andy Burnham lui succède. La crise politique s’installe, puisque les changements de visage ne modifient pas réellement la donne politique.
Andy Burnham promet de gouverner « autrement ». Tous l’ont promis. Pourtant, son premier geste politique fut de rassurer l’Ukraine : « Je ferai clairement savoir plus tard dans la journée au président Zelensky, qu'il n'y a aucun changement. Je le soutiendrai à 100 % ». Il a également rassuré les Européens et les Américains, tout en annonçant un plan sur 10 ans. Le seul problème est qu'il est déjà le 7e Premier ministre en 10 ans, donc les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Il faudrait déjà qu’il survive aux prochaines élections.
La France aussi se prépare aux élections présidentielles. Macron est en train de faire ses valises. Beaucoup estiment qu’il fut le pire président de la Ve République. C’est à peu près ce que l’on répète depuis Chirac, en déclarant – pour se rassurer – que cela ne pourra pas être pire ensuite. Et à chaque fois, le nouveau président est pire que le précédent. À chaque fois, nous sommes confrontés à des dirigeants de pacotille, qui doivent donner l’illusion de gouverner pour rassurer le peuple et maintenir une illusion démocratique.
Mais comme ils sont en poste pour mettre en place une politique antinationale, sous la houlette des fonctionnaires de l’UE, qui eux-mêmes sont les gardes chiourmes régionaux des mécanismes de gouvernance globale, chaque nouveau président devient impopulaire et n’a in fine aucune marge de manœuvre – même s’il en avait la volonté, ce qui n’est de toute manière pas le cas.
En ce sens, peu importe le départ de Macron, cela ne changera rien à la politique nationale. Les élections ne sont plus un moyen d’assurer une alternance politique, mais de maintenir l’illusion que les gens peuvent réellement décider de la politique nationale, qu’elle existe encore. Car si on leur enlève cette illusion, ce système risque de s’écrouler : les populations veulent bien vivre dans un système totalitaire, tant qu’on ne leur demande pas de l’accepter ouvertement. Seule une minorité se soulève et elle est écrasée, broyée par ce système, quand l’invisibiliser n’est pas suffisant.
Les institutions politiques en Occident n’ont pas changé. Il existe toujours des parlementaires, des dirigeants de l’exécutif, mais les hommes qui constituent ces institutions appartiennent à un autre paradigme idéologique : le remplacement des élites nationales par des élites globalistes nous a conduit à cette situation, a permis le hold-up du siècle, celui de la démocratie. Or, les élections ne permettent pas de changer de paradigme idéologique, simplement de modifier légèrement certaines décisions politiques à l’intérieur de celui-ci.
Et nos pays occidentaux sont en crise systémique. Économique, sociale et donc politique. La crise économique vient de la mise à mort de l’économie réelle au profit de la finance internationale, de la déconstruction d’un tissu de production nationale et locale au profit des firmes transnationales, ces acteurs déconnectés du pays qui produit et qui consomme. La perte de pouvoir d’achat et la hausse du chômage ont engendré cette crise sociale, couplée d’une politique d’immigration massive noyant les populations locales et obligeant à bouger les repères. Ces dogmes incontestables et invariables au gré des élections conduisent à une perte de confiance dans les organes politiques nationaux. La boucle est bouclée.
Nous voyons les anciens ministres annoncer des changements, s’ils sont élus, s’ils deviennent calife à la place du calife. Alors qu’ils ne l’ont pas fait lorsqu’ils étaient en poste. Nous observons une opposition, qui respecte tous les dogmes globalistes, afin de pouvoir... rester dans l’opposition et continuer à participer au spectacle, puisque la place est bonne. Les personnalités, qui proposent une autre voie, sont marginalisées et si elles peuvent accéder à l’élection, elles ne servent qu’à légitimer un système parfaitement verrouillé.
Sans un réveil véritable de la population, rien ne sera possible. La question restant : que faudra-t-il encore de plus, pour que les gens se réveillent ? Sinon ce sera « Macron Forever », quel que soit le visage qui lui succèdera.
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