Bénin : 50 descendants d’esclaves ont déjà obtenu la nationalité
Source: Gettyimages.ruGrâce à une loi historique adoptée en 2024, le Bénin a déjà accordé la nationalité à une cinquantaine de descendants d’esclaves. Entre tests ADN et recueillement mémoriel, le pays traite chaque jour des dizaines de nouvelles demandes de personnes souhaitant renouer avec leurs racines africaines.
Le programme du Bénin visant à rapatrier les descendants d'esclaves porte ses fruits. Reuters, citant le ministère de la Justice, a rapporté que, dans le cadre du programme « My Afro Origins », environ 50 personnes ont déjà obtenu la nationalité béninoise. Les autorités indiquent recevoir près d’une centaine de nouvelles demandes quotidiennes, alors que plusieurs milliers de dossiers sont en cours d’examen.
Les premières cérémonies officielles d’octroi de la nationalité, organisées fin décembre, se sont accompagnées de projets mémoriels visant à faire connaître la période de l’esclavage. Parmi eux figurent « La Porte du non-retour » à Ouidah, point de départ du transport transatlantique des esclaves, ainsi qu’une réplique d'un navire du XVIIIᵉ siècle, avec des sculptures intérieures représentant près de 300 captifs.
Les autorités béninoises ont adopté une loi sur le rapatriement des descendants d’esclaves en septembre 2024. Selon ses dispositions, toute personne âgée de plus de 18 ans, n’ayant pas la nationalité d’un autre pays africain et ayant fourni des preuves de son origine béninoise peut demander la nationalité béninoise. Les autorités acceptent comme preuves les résultats de tests ADN, des documents certifiés et des témoignages issus des archives familiales.
Pendant la période coloniale, les marchands d’esclaves européens ont déporté environ 1,5 million de personnes vers les États-Unis. Des rois locaux ont également participé à la vente d’esclaves à des marchands européens, et certaines communautés impliquées dans cette pratique existent encore aujourd’hui. Depuis les années 1990, les autorités béninoises reconnaissent ouvertement leur rôle dans la traite négrière et s’efforcent d’en assumer la mémoire et d’en atténuer les conséquences.