Le parti macroniste soutient Louis Sarkozy aux municipales de Menton
© Compte X @napsarkozyLe parti Renaissance, formation macroniste, a apporté son soutien à Louis Sarkozy, candidat aux élections municipales de 2026 à Menton. Cette décision, prise localement, suscite l’embarras au sein du parti en raison des positions droitières du fils de l’ex-président, qui s’est dit «prêt à travailler avec Reconquête et le RN».
Le parti présidentiel Renaissance a affiché son soutien à Louis Sarkozy, fils de l’ex-président de la République, candidat à la mairie de Menton, dans les Alpes-Maritimes. Cette alliance inattendue entre Renaissance et Louis Sarkozy, déjà soutenu par LR et Horizons, vise à contrer la députée RN Alexandra Masson dans une ville frontalière marquée par les enjeux migratoires. Mais les déclarations ambiguës du candidat ont provoqué une vague de critiques internes, forçant le parti à exiger une clarification rapide.
Le soutien de Renaissance à Louis Sarkozy, entériné le 13 janvier par la fédération des Alpes-Maritimes, s’inscrit dans une stratégie locale pour les villes de moins de 60 000 habitants. Selon Magali Altounian, présidente départementale, « face à la montée du RN, Louis Sarkozy est le mieux placé pour battre sa candidate ».
Le jeune candidat de 28 ans, non encarté mais aux idées plutôt libérales et désormais proches de Donald Trump après en avoir été un détracteur, défend un « rassemblement de renouveau » gaulliste, assurant qu’« aucune alliance n’a été et ne sera envisagée avec le RN ». Pourtant, ses propos au Figaro — « je serai même prêt à travailler avec Reconquête et le RN… Tout sauf LFI » — ont semé le doute.
Une polémique qui enfle au sein du camp présidentiel
Gabriel Attal, président de Renaissance, qui entend donner une orientation plus à gauche au parti macroniste, a réagi en demandant une clarification urgente, affirmant que le parti n’a « jamais eu la moindre ambiguïté dans notre combat contre les extrêmes ». Louis Sarkozy a depuis réaffirmé son opposition au RN, expliquant vouloir élargir sa base électorale sur un territoire « très marqué à droite ».
Au sein de Renaissance, la décision divise profondément. Des députés comme Guillaume Gouffier Valente regrettent un choix « incohérent avec nos valeurs », qualifiant le fils de Nicolas Sarkozy de « trumpiste masculiniste ». Une critique également formulée à droite, notamment par l’essayiste Rodolphe Cart, qui souligne dans son ouvrage « De quoi Louis Sarkozy est-il le nom ? » que l’« univers mental de Louis Sarkozy est proprement anglo-saxon ».
Louis Sarkozy comme symbole de l'impasse libérale conservatrice
— Jacques Renardiere (@JRenardiere) November 8, 2025
Univers mental de Louis Sarkozy est proprement anglo-saxon
Rodolphe Cart à l'occasion de la publication de son livre De quoi Louis Sarkozy est-il le nom ?https://t.co/3AZdJqLPuxpic.twitter.com/h9fB7l6Juv
Ludovic Mendes s’interroge : « Qu’est-ce qui nous rapproche de Louis Sarkozy ? Rien. » Même François Patriat, sénateur macroniste, appelle à retirer le soutien pour lever l’ambiguïté. D’autres, comme Charles Rodwell, proche du candidat, défendent une approche pragmatique : « C’est notre meilleure chance collective de battre le RN. »
La rapidité avec laquelle la polémique s’est propagée témoigne de la sensibilité de la question des relations avec le RN au sein du parti macroniste. Cette affaire rappelle la controverse autour de Martine Vassal à Marseille en 2025, qui avait rapidement dû se contredire pour éviter les foudres du centre. À Menton, face à un maire sortant non candidat et à une RN donnée favorite, Louis Sarkozy misait sur un large rassemblement.
Mais cet épisode pourrait laisser des traces au sein du bloc central, alors que le MoDem reste à distance et qu’Horizons examine la situation. Les municipales de 2026 s’annoncent plus généralement comme un test pour les alliances anti-RN, dans un contexte de brouillage des lignes politiques.