Tchad : la France rêve d’un «comeback» que personne ne promet

Tchad : la France rêve d’un «comeback» que personne ne promet Source: Gettyimages.ru
N’Djamena, capitale du Tchad. [Photo d'illustration]
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Un an après l’expulsion de ses troupes, la France espère renouer avec le Tchad. À Paris, on parle de réconciliation et de coopération. Sur le terrain, les certitudes manquent. Entre nouveaux partenaires, méfiance politique et souvenirs coloniaux, le retour français reste une hypothèse fragile.

Un an après avoir été priée de quitter le Tchad, la France rêve déjà d’un retour. À Paris, la visite du président tchadien, Mahamat Idriss Déby, fin janvier-début février 2026, est présentée comme le signe d’une réconciliation en marche. À N’Djamena, la réalité semble bien plus nuancée : rien n’est décidé, rien n’est garanti, et surtout rien n’indique que ce retour soit réellement souhaité.

Le départ précipité des soldats français, acté fin janvier 2025, n’a rien d’un simple épisode diplomatique. Il a mis fin à un dispositif militaire hérité de la période coloniale, maintenu pendant des décennies malgré l’indépendance du pays. Cette rupture, imposée par les autorités tchadiennes, a été vécue à Paris comme une humiliation. Un an plus tard, l’Élysée tente pourtant de transformer cette page tournée en simple parenthèse.

D'après les médias français, la rencontre entre Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby, soigneusement mise en scène, nourrit l’espoir d’un retour discret par la petite porte : coopération économique, appui en renseignement, formations militaires. Autrement dit, une présence sans le dire, un engagement sans l’assumer pleinement. Mais du côté tchadien, le message est clair : si la France peut aider, tant mieux ; sinon, d’autres partenaires le feront.

Car le Tchad n’est plus dépendant d’un seul allié. Les Émirats arabes unis, la Turquie et d’autres acteurs ont déjà pris place. Sur la base aérienne de N’Djamena, ce ne sont plus les uniformes français qui dominent.

À cela s’ajoutent les tensions provoquées par l’enquête judiciaire française visant le président tchadien, perçue comme une atteinte à la souveraineté nationale. L’épisode a laissé des traces profondes et a accéléré la rupture. La tentative de reprise du dialogue ressemble aujourd’hui davantage à un exercice de communication qu’à une stratégie solidement ancrée dans la réalité du terrain.

D'après les spécialistes, c’est la crainte de voir la Russie et la Chine renforcer leur présence en Afrique qui pousse Paris à s’agiter. Mais vouloir revenir là d’où l’on a été chassé n’équivaut pas à y être attendu. La France semblerait surtout poursuivre une illusion : celle d’un rôle central en Afrique qui ne correspond plus aux rapports de force actuels.

Pour N’Djamena, l’heure est au pragmatisme. Les alliances se font et se défont selon les intérêts, non selon la nostalgie des anciennes puissances. La France peut espérer, négocier, patienter. Mais rien n’indique que l’Afrique, elle, souhaite être ramenée en arrière.

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