À moins d’un an de la présidentielle en France, le Parti socialiste s’entredéchire
© Compte X @faureolivierLa rupture entre Olivier Faure et Boris Vallaud a plongé le PS dans une crise ouverte. À un an de l'échéance de 2027, le départ de la direction du parti du président du groupe à l’Assemblée enterre un peu plus la primaire de la gauche et accentue les divisions internes.
Le Parti socialiste traverse une nouvelle tempête interne qui menace un peu plus ses ambitions pour la présidentielle de 2027. Depuis le 8 mai et le départ de la direction du parti de Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée et chef de file du courant « Unir », les réactions se multiplient au sein du parti et compromettent l’avenir du PS pour 2027.
Une majorité brisée au sommet
Cette défection place Olivier Faure en situation de minorité au sein de sa propre formation, une première. Dans un courrier adressé au premier secrétaire, le sénateur Alexandre Ouizille, mandataire du courant, dénonçait une « stratégie d’isolement », une « collégialité bâclée » et une « brutalisation du fonctionnement des instances ». Le 10 mai, c’est l’ancien président François Hollande qui a tranché : « Il n’y aura pas de primaire pour désigner un candidat avec la gauche au-delà du PS. C’est fini ». Il prône plutôt un élargissement social-démocrate associant Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve ou certains écologistes.
🔴 "Il n'y aura pas de primaire, c'est fini, c'est terminé" déclare @fhollande après la démission de Boris #Vallaud de la direction du #PS . "Et ça me va !" ajoute l'ancien Président de la République qui ne ferme pas la porte à une primaire autour du @partisocialiste avec Bernard… pic.twitter.com/s0ehosPPPa
— DimancheEnPolitique (@DimPolitique) May 10, 2026
La direction du PS a répliqué en accusant ses opposants de ne rien construire de « durable en brutalisant ses partenaires ».
Le cœur du différend porte sur la stratégie présidentielle. Olivier Faure défend une primaire « unitaire » de la gauche non-mélenchoniste, prévue en octobre, associant écologistes, François Ruffin et Clémentine Autain. Boris Vallaud y voit une « entreprise de désunion » et plaide pour une « Nouvelle Gauche plurielle » autour d’un projet commun et d’un candidat désigné par consensus, rejoignant ici Jean-Luc Mélenchon qui s’est prononcé au début du mois de mai pour une union de la gauche. Sur France Inter, le 11 mai, le président des socialistes à l’Assemblée a appelé à des « rencontres de la gauche plurielle » sans délai.
Je propose des rencontres de la nouvelle gauche plurielle.
— Boris VALLAUD (@BorisVallaud) May 11, 2026
Nous voulons toutes et tous un programme commun, un contrat de législature et un candidat commun à l’élection présidentielle.
Nous n’avons pas le droit de nous diviser seulement pour un « processus de désignation » ! pic.twitter.com/7WSdOzMJI2
Olivier Faure a appelé lundi les socialistes à « avancer d’un même pas », jugeant qu’« un congrès permanent, ce n’est pas possible ». Il insiste : « S’il n’y a pas de candidat commun, il n’y aura pas de deuxième tour pour la gauche ». Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon, déjà en campagne, observe avec ironie cette « troupe confuse ».
🗣️ Boris Vallaud quitte la direction du PS sur fond de désaccords.
— Ingénieur social-Libre de penser et d'agir ✌️ (@PatrickGuicha20) May 9, 2026
💬 @JLMelenchon :
C'est une troupe confuse de gens qui se disputent à tous propos.
Ce battent entres eux pour les mêmes places.
Si le PS pouvait respecter sa parole, ce serait parfait. pic.twitter.com/riJxmpFuVv
Le PS, loin d’être prêt, semble plus que jamais embourbé dans ses divisions à un an du scrutin d’autant que le fondateur des Insoumis est donné comme meilleur candidat pour les gauches en 2027.