Vagues de chaleur : dans une France rebutée par la climatisation, le ministre de l’Éducation ne «souhaite plus aucun examen» l'après-midi
© Alain Denantes/Gamma-Rapho Source: Gettyimages.ruAlors que les épreuves écrites du baccalauréat se profilent, et que comme chaque été de fortes chaleurs sont attendues, le ministre français de l’Éducation a fait part de son vœu pieux qu’à l’avenir, dans un pays qui refuse de climatiser, les examens puissent se dérouler à la fraîche le matin.
« Je ne souhaite plus qu’aucun examen ne se déroule les après-midi», a déclaré ce 14 juin sur France Inter le ministre français de l’Éducation, Édouard Geffray, alors qu’une auditrice venait de lui demander ce qu’il comptait faire « à part proposer de boire de l’eau ». « Les examens risquent de se passer dans des conditions de plus en plus difficiles les années à venir », a-t-elle lancé au locataire de la rue Grenelle. Et de brandir « l’accélération du dérèglement climatique ».
« On ne peut plus se permettre d'avoir des épreuves, en mai ou en juin, qui font 14h–18h », a insisté Édouard Geffray. « Malgré tout, entre 8h et midi, si vous avez aéré le matin avant d'arriver, ça reste à peu près frais », a-t-il ajouté. « C'est rustique, mais ça marche », a ajouté le ministre dans un pays qui s’obstine par dogmatisme à ne pas adopter la climatisation même pour les membres plus fragiles de la société.
Il faut dire qu’en France, la climatisation est perçue comme clivante politiquement, sur fond de « transition écologique », tant et si bien que des éditorialistes s’interrogent quant au fait que la clim puisse être « de droite ».
Développer la clim en France plutôt que de financer l’Ukraine, propose un député RN
La climatisation, une solution « qui coûte cher », avait estimé fin mai la dirigeante des Écologistes, Marine Tondelier, sur le plateau de France Info, appelant plutôt à « mettre en place de points de fraîcheur partout » et « ouvrir des salles de cinéma » pour les plus vulnérables.
Celle-ci réagissant au plaidoyer de la présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée, Marine Le Pen, en faveur d’un « grand plan de climatisation ». « La climatisation sauve des vies », avait-elle plaidé depuis le Palais Bourbon, considérant « totalement absurde» de «laisser mourir des gens dans les hôpitaux de la chaleur, laisser des enfants ou des personnes vulnérables souffrir » ou encore «préférer fermer des écoles », plutôt que de recourir à la climatisation.
« Plutôt qu’investir 1 milliard d’euros pour la transition énergétique de l’Afrique du Sud, plutôt que verser 15 milliards d'euros à l'Ukraine, peut-être qu'on peut investir pour la climatisation », avait proposé dans la foulée, lors d’une interview sur France Info, le député de l'Yonne Julien Odoul, porte-parole du RN.