Gaza : même sous trêve, les enfants continuent de mourir
© Getty ImagesL’Unicef recense au moins 100 enfants tués à Gaza depuis le cessez-le-feu, un chiffre probablement sous-estimé. Les ONG dénoncent des traumatismes psychologiques massifs et une situation humanitaire toujours critique. Le blocage de nombreuses organisations humanitaires aggrave la crise et entrave l’aide aux civils.
Au moins une centaine d’enfants ont été tués dans la bande de Gaza depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël au début du mois d’octobre, a alerté le 13 janvier le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). « Cela équivaut à un enfant tué chaque jour pendant le cessez-le-feu », a déclaré depuis Gaza James Elder, porte-parole de l’agence onusienne, lors d’un point presse à Genève.
Selon l’Unicef, parmi les victimes figurent 60 garçons et 40 filles, touchés par des frappes aériennes, des drones, y compris des drones kamikazes, des tirs de chars ou des balles réelles. L’organisation estime par ailleurs que le bilan réel pourrait être nettement supérieur.
Les autorités sanitaires de Gaza avancent en effet des chiffres plus lourds. Le ministère de la Santé fait état de 165 enfants tués depuis la trêve, sur un total de 442 morts enregistrés sur la même période. À cela s’ajoute une autre tragédie silencieuse : sept enfants seraient morts d’hypothermie depuis le début de l’année, conséquence directe de la destruction massive des habitations et du manque de chauffage. Près de 80 % des bâtiments de l’enclave ont été endommagés ou détruits depuis le début de la guerre, selon les Nations unies.
Interrogée, l’armée israélienne n’a pas souhaité commenter ces chiffres dans l’immédiat.
Un traumatisme sur le long terme pour les enfants
Au-delà des morts, l’Unicef alerte sur l’état psychologique dramatique des plus jeunes. « Les enfants vivent toujours dans la peur. Les traumatismes ne sont pas pris en charge et s’aggravent avec le temps », a prévenu James Elder, décrivant une existence « suffocante » et une survie devenue « précaire ».
Pour l’agence, la trêve actuelle reste largement insuffisante : « Un cessez-le-feu qui ralentit les bombardements est un progrès, mais un cessez-le-feu qui continue d’ensevelir des enfants ne peut être considéré comme acceptable », a-t-il insisté, rappelant que ce que l’on qualifie aujourd’hui de « calme » à Gaza serait ailleurs perçu comme une crise humanitaire majeure.
L’Unicef a également dénoncé la décision prise par Israël, le 1er janvier, de bloquer l’accès à Gaza à 37 ONG internationales, accusées de ne pas avoir transmis la liste de leurs employés. « Empêcher les ONG d’entrer, c’est priver la population d’une aide vitale », a fustigé James Elder. Si l’Unicef a pu accroître son aide depuis la trêve, l’organisation souligne que l’absence de partenaires humanitaires et de journalistes étrangers sur le terrain complique l’acheminement de l’assistance et limite la visibilité des souffrances infligées aux enfants de Gaza.