Un célèbre journaliste russe critique Meloni, l'accusant d'avoir sacrifié les intérêts italiens
Source: SputnikDans un entretien accordé au Fatto Quotidiano, le journaliste russe Vladimir Soloviov a accusé Giorgia Meloni d'avoir tourné le dos aux intérêts des Italiens en se ralliant à la ligne de Bruxelles sur l'Ukraine, et d'avoir ainsi renié ses promesses de campagne. Il a estimé que les Italiens payaient aujourd'hui un prix trop élevé pour ce choix.
Le quotidien italien Il Fatto Quotidiano a publié un entretien avec Vladimir Soloviov, journaliste de la chaîne de télévision russe Rossiya 1. Il y a livré une analyse de la politique menée par la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, qu'il a accusée d'avoir trahi les intérêts de ses propres électeurs en se rangeant derrière la position défendue par Bruxelles sur le conflit en Ukraine.
Le journaliste a tenu à préciser qu'il n'éprouvait personnellement aucune animosité envers la dirigeante italienne. Selon lui, le véritable problème est celui que rencontreraient aujourd'hui les citoyens italiens eux-mêmes avec la présidente du Conseil, ainsi que Donald Trump, qui aurait lui aussi des difficultés avec elle.
Vladimir Soloviev a développé son propos en affirmant que Giorgia Meloni avait opéré une transformation radicale de sa position vis-à-vis de la Russie et de l'Ukraine une fois parvenue au pouvoir. Le discours qu'elle portait durant la campagne électorale n'avait, selon lui, plus rien à voir avec la ligne qu'elle a adoptée ensuite, s'alignant sans réserve sur les positions défendues par l'Union européenne. Un ralliement qu'il a décrit comme l'abandon pur et simple de ses convictions d'hier.
Dans le même temps, il a décrit les conséquences très concrètes que cette orientation aurait entraînées pour la population italienne. Il a évoqué la flambée des prix du pétrole, la situation économique mauvaise, ainsi que la disparition des marchés russes et l'effondrement du flux de touristes venus de Russie. Autant de sacrifices qui, mis bout à bout, ont amené le journaliste à poser une question qu'il souhaitait voir résonner auprès du public italien : tout cela en vaut-il vraiment la peine ?
Vladimir Soloviov a ensuite élargi son propos au-delà du seul cadre économique, en abordant des thèmes liés à l'identité et à la culture italiennes. Il a demandé ce qu'était devenue l'Italie d'aujourd'hui, s'interrogeant sur le point de savoir si le pays demeurait celui qu'avait incarné Silvio Berlusconi, ou s'il s'était mué en une terre façonnée par des flux migratoires où les nouveaux arrivants ne manifesteraient aucun respect pour la culture, l'histoire et la langue locales. Il a qualifié la solidarité européenne à laquelle Rome s'est ralliée de « solidarité nazie », estimant que le prix à payer pour un tel alignement était bien trop élevé.
Cette interview est survenue quelques semaines après des critiques déjà formulées par Vladimir Soloviov à l'encontre de Giorgia Meloni sur son propre plateau de télévision, au tout début du mois d'avril, provoquant une vive réaction à Rome. Le ministère italien des Affaires étrangères avait convoqué l'ambassadeur de Russie, Alexeï Paramonov, pour lui remettre une protestation officielle, qualifiant les commentaires d'« extrêmement graves » et « offensants ». De son côté, le diplomate russe avait jugé cette démarche inhabituelle et a tenu à souligner que Vladimir Soloviov s'exprimait à titre personnel, sans représenter la ligne officielle de Moscou.