Coupe du monde : Mehdi Taremi dénonce un «désastre» organisationnel et accuse la FIFA d'avoir abandonné l'Iran
© Lindsey Wasson Source: APLe capitaine de l'Iran, Mehdi Taremi, a vivement critiqué la FIFA et son président Gianni Infantino après le match nul face à l'Égypte. L'attaquant dénonce des conditions de participation qu'il juge «injustes», marquées par des contraintes logistiques, des restrictions de déplacement et l'absence d'une partie du staff en raison de refus de visas.
La tension est montée d'un cran entre la sélection iranienne et la FIFA à l'issue du match nul (1-1) contre l'Égypte, le 26 juin à Seattle, lors de la troisième journée de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026. Si ce résultat laisse encore un mince espoir de qualification à l'Iran, le capitaine Mehdi Taremi a surtout profité de son passage devant les médias pour dénoncer l'organisation du tournoi et les conditions imposées à son équipe.
Très remonté, l'attaquant de l'Olympiacos n'a pas hésité à qualifier cette édition du Mondial de « catastrophe » et de « désastre », estimant que la FIFA n'avait pas été en mesure de garantir un traitement équitable à sa sélection.
« La FIFA doit résoudre tous les problèmes, mais malheureusement, elle ne l'a pas fait depuis le début », a déclaré Taremi, rappelant que le président de l'instance mondiale Gianni Infantino s'était rendu dans le vestiaire iranien après le premier match en promettant une amélioration de la situation. « La phase de groupes se termine et notre équipe logistique n'est toujours pas là. Ils n'ont pas obtenu leurs visas », a-t-il regretté.
Des contraintes logistiques dénoncées
En raison des tensions entre l'Iran et les États-Unis, la sélection iranienne n'a pas été autorisée à établir son camp de base sur le territoire américain. Les joueurs ont ainsi été installés à Tijuana, au Mexique, et contraints d'effectuer des allers-retours avant et après chaque rencontre disputée aux États-Unis.
Pour Mehdi Taremi, ces déplacements répétés ont lourdement pénalisé son équipe. « Comment est-il possible que nous devions toujours voyager depuis Tijuana ? Nous aimons le peuple mexicain, nous aimons Tijuana, mais pour des footballeurs professionnels dans une compétition de ce niveau, ce n'est pas normal. Nous jouons 90 minutes et nous devons immédiatement reprendre l'avion sans pouvoir récupérer. Est-ce que la FIFA trouve cela normal ? Tant mieux pour eux, mais ce n'est pas juste », a-t-il lancé.
Le capitaine iranien a également dénoncé l'absence de plusieurs membres du staff technique, empêchés de rejoindre la délégation après le refus de leurs demandes de visas. « Nous nous plaignons, mais personne ne nous aide. Qui veut nous aider ? Si vous voulez que nous soyons éliminés, alors laissez-nous partir », a-t-il poursuivi.
« Nous vivons aussi notre rêve »
Au-delà des difficultés sportives, Mehdi Taremi estime que la sélection iranienne n'a jamais bénéficié des mêmes conditions que ses adversaires. « Nous vivons aussi notre rêve. Mais dans les conditions dans lesquelles nous sommes traités, nous ne pouvons pas être à notre meilleur niveau », a-t-il affirmé, tout en assurant que son équipe continuait à donner le maximum.
Interrogé sur le sentiment d'avoir été lésé durant la compétition, le capitaine iranien a répondu que son équipe continuait de jouer « pour apporter de la joie » et transmettre « un message de paix ».
« Nous faisons toujours de notre mieux. Nous voulons rendre les gens heureux, en Iran comme ailleurs. Nous voulons envoyer un message de paix à tout le monde. Mais il n'y a pas de paix des autres envers nous », a-t-il déclaré.
Sportivement, l'Iran termine la phase de groupes avec trois matches nuls et occupe provisoirement la troisième place du groupe G. La sélection figure encore parmi les meilleures équipes classées troisièmes, mais sa qualification pour les huitièmes de finale dépend désormais des résultats des autres groupes.