Washington tourne la page de 45 ans de sanctions contre la Syrie

Washington tourne la page de 45 ans de sanctions contre la Syrie© Getty Images
Ahmed al-Chareh et Donald Trump en marge du sommet de l'OTAN.
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Les États-Unis ont annoncé le retrait de la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme, une décision historique qui doit entrer en vigueur dans 45 jours, sauf opposition du Congrès. Les autorités syriennes ont salué cette mesure comme une reconnaissance de la nouvelle orientation politique du pays.

Les États-Unis ont annoncé le 8 juillet leur intention de retirer la Syrie de la liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification en vigueur depuis 1979 qui limitait fortement les échanges commerciaux, les investissements étrangers et l’accès aux financements internationaux. Le secrétaire d’État Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision, qui deviendra effective dans un délai de 45 jours à moins d’un blocage parlementaire jugé peu probable.

Cette annonce marque une étape majeure dans le rapprochement engagé entre Washington et les nouvelles autorités syriennes après le départ du gouvernement de Bachar el-Assad en décembre 2024. Elle intervient quelques jours après la rencontre entre Donald Trump et le président syrien Ahmed al-Chareh en marge du sommet de l’OTAN organisé en Turquie. Ancien chef d’une organisation djihadiste devenu dirigeant de la Syrie, Ahmed al-Chareh bénéficie désormais d’un soutien politique assumé de la Maison-Blanche.

En attendant les investissements

Marco Rubio a présenté cette décision comme « un pas historique » destiné à offrir au peuple syrien « une chance de grandeur ». Selon lui, la levée de cette classification permettra de débloquer le commerce international, d’encourager les investissements étrangers et d’accélérer la reconstruction d’un pays dévasté par plus d’une décennie de guerre. Le chef de la diplomatie américaine a également expliqué avoir obtenu des « assurances formelles » de Damas garantissant que la Syrie ne soutiendrait plus d’actes de terrorisme international.

L’administration Trump considère qu’une Syrie « stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins » revêt un intérêt stratégique pour l’ensemble de la région. Depuis un an, Washington a déjà commencé à lever progressivement la plupart des sanctions économiques visant le pays, sous l’impulsion de la Turquie et de l’Arabie saoudite, qui ont encouragé Donald Trump à engager un dialogue direct avec Ahmed al-Chareh.

Cette évolution se produit malgré les réserves d’Israël, qui continue de mener des frappes aériennes contre des objectifs en Syrie et s’inquiète du renforcement des capacités du nouveau pouvoir à Damas. Le président américain avait initialement plaidé pour un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi d’avancer sur la levée des restrictions américaines sans attendre de progrès diplomatiques entre les deux voisins.

Les autorités syriennes ont accueilli favorablement l’annonce américaine. Dans un communiqué, le ministère syrien des Affaires étrangères a salué « une décision courageuse qui ouvre la voie à une nouvelle phase de coopération avec la communauté internationale ». Damas estime que cette mesure est une reconnaissance des efforts entrepris pour stabiliser le pays, combattre les groupes extrémistes et réintégrer la Syrie dans les équilibres régionaux. Le gouvernement syrien a également appelé les investisseurs étrangers à participer à la reconstruction des infrastructures, de l’énergie et des transports.

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