Crise Paris-Téhéran : l'Iran ferme le Centre de langue française, l'accusant de menacer la sécurité nationale

Les autorités iraniennes ont ordonné la fermeture du Centre de langue française, l'accusant de fonctionner illégalement et de mener des activités menaçant la sécurité nationale. En réaction à cette atteinte portée à sa présence culturelle, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a convoqué l'ambassadeur iranien à Paris.
Les autorités iraniennes ont fermé le Centre de langue française (CLF) à Téhéran, lié à l’ambassade de France, a rapporté l’agence iranienne Tasnim. Selon les auteurs de l’article, l’établissement, malgré de nombreux avertissements de la part des forces de l’ordre de la République islamique, a refusé d’obtenir une autorisation officielle pour exercer ses activités et a ainsi continué à fonctionner en violation des lois du pays.
Téhéran a par la suite qualifié le centre d’illégal et l’a accusé d’activités illicites et de participation à des actions menaçant la sécurité nationale du pays. Selon Tasnim, le CLF a abusé de son statut d'établissement d'enseignement des langues étrangères pour mener à bien des projets contraires à la culture islamique de l'Iran, et a également favorisé l'exode de l'intelligentsia iranienne hors du pays.
Paris a condamné les agissements de Téhéran, les qualifiant d’attaque contre sa présence culturelle en Iran, et a déclaré qu’il prendrait des « mesures appropriées » en réponse. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a ordonné de convoquer l’ambassadeur iranien.
Des tensions entre la France et l'Iran ont déjà éclaté par le passé. En janvier 2023, Téhéran a fermé l’Institut français d’études en Iran après que le journal satirique Charlie Hebdo avait publié des dizaines de caricatures tournant en dérision le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, ainsi que l'élite religieuse iranienne. Le même mois, des manifestations ont eu lieu devant l’ambassade de France en Iran en réaction à ces images insultantes.
Plus tard, les relations entre Paris et Téhéran se sont encore davantage détériorées, bien que la France soit restée en dehors de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran fin février et ait condamné les premières frappes comme une violation du droit international. En juillet dernier, les services de sécurité iraniens ont arrêté deux diplomates français, les accusant d’ingérence dans les affaires intérieures du pays. Ils ont ensuite été expulsés. La France a riposté en août dernier en expulsant deux diplomates iraniens, ce qui a suscité la condamnation de Téhéran.