Français bloqués à Dubaï : l’échec d’un rapatriement chaotique
© Wiki commonsDes milliers de Français restent bloqués aux Émirats arabes unis depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février. Alors que les frappes iraniennes perturbent l’espace aérien régional, un vol Air France affrété pour évacuer des ressortissants a dû rebrousser chemin, illustrant les défaillances des opérations promises par le gouvernement.
Environ 4 000 ressortissants attendent un retour des Emirats Arabes Unis, se sentant abandonnés par des services d’État dépassés. Cette crise met en lumière les limites d’un dispositif de rapatriement annoncé avec assurance par Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée, où il évoquait un « bon ordre » pour ramener les plus vulnérables. Pourtant, sur le terrain, la réalité est bien différente, avec des vols contraints à des demi-tours en urgence et des consulats submergés.
Des témoignages d’abandon et d’incompétence
À Dubaï, le désarroi grandit parmi les touristes et expatriés français, coincés dans un émirat transformé en zone à risque par les missiles iraniens. 196 ont été lancés depuis le début de la guerre, dont la plupart interceptés, mais causant déjà des victimes collatérales. « Une situation oppressante », confie une Française bloquée à Abou Dhabi, selon un témoignage relayé sur BFMTV, où des familles se sentent « abandonnées » malgré leurs inscriptions sur la plateforme Ariane du Quai d’Orsay.
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a tenté de justifier l’incident sur X : « Ce vol pour aller chercher nos compatriotes aux Émirats arabes unis a été contraint [...] de faire demi-tour en raison de tirs de missiles dans la zone. »
🔴Malgré les moyens mis en œuvre, en lien avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, pour poursuivre le rapatriement des Français qui le souhaitent depuis le Moyen-Orient, le vol Air France affrété par le Gouvernement pour aller chercher nos compatriotes aux…
— Philippe Tabarot (@PhilippeTabarot) March 5, 2026
Mais cette explication n’apaise pas les critiques sur une préparation insuffisante, alors que seulement 750 personnes ont été rapatriées sur les 5 000 en attente, dont 80 % aux Émirats.
Les consulats, comme celui de Dubaï, croulent sous les demandes : naissances à enregistrer, passeports à délivrer, tout en gérant des alertes aériennes qui forcent des évacuations précipitées. Des femmes enceintes ou accompagnées d’enfants refusent des solutions alternatives, jugées trop risquées , comme un trajet coûteux vers Oman, jusqu’à 2 000 euros pour un taxi.
Les promesses d’Emmanuel Macron peinent ainsi à se concrétiser, laissant planer le doute sur l’efficacité des services étatiques face à une crise géopolitique imprévue.
Au milieu de la confusion, le cas des influenceurs installés à Dubaï continue de faire polémique. Après un vent de panique, ces derniers se muent en relais du discours officiel émirati sur les réseaux sociaux, vantant une « stabilité » illusoire qui masque les angoisses réelles tout en réclamant l’aide de Paris. En France, le youtubeur le plus suivi, Tibo InShape, a dénoncé « l’hypocrisie des influenceurs » qui fuient les impôts mais demandent maintenant à être aidés.
“Le but c’est de dénoncer l’hypocrisie de certains influenceurs.” - @TiboInShape revient chez @Cliquetv sur ses propos concernant les influenceurs à Dubaï.⁰⁰L’émission est à retrouver en intégralité sur l’App CANAL+ le 11 mars 2026. pic.twitter.com/vzLRBrm4RR
— CANAL+ (@canalplus) March 3, 2026
Face à la posture opportuniste des influenceurs, le sentiment d’injustice chez les Français bloqués s’aggrave : alors que l’armée française a rapatrié 400 personnes via des avions militaires, les vols civils restent sporadiques, négociés au compte-gouttes avec les autorités locales.