Un ex-secrétaire général de l’Élysée à la tête de la Banque de France : le RN dénonce un «verrouillage des institutions»

Un ex-secrétaire général de l’Élysée à la tête de la Banque de France : le RN dénonce un «verrouillage des institutions»© Thierry Monasse Source: Gettyimages.ru
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, et Emmanuel Moulin, alors directeur général du Trésor, le 13 février 2023 à Bruxelles. [Photo d’illustration]
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Après le Conseil constitutionnel et la Cour des comptes, c’est au tour de la Banque de France de voir arriver à sa tête un proche de Macron. La nomination d’Emmanuel Moulin, secrétaire général de l’Élysée, comme gouverneur de la Banque de France a été actée malgré l’opposition de 54 % des parlementaires, insuffisante pour bloquer sa désignation.

« C’est un verrouillage des institutions et surtout c’est une voix à Bruxelles », a dénoncé, ce 21 mai sur France 2, le député du Rassemblement national (RN) Jean-Philippe Tanguy, rappelant les « enjeux de rapports de force » avec l’UE contenus, selon lui, dans le programme de son parti.

« La voix de la France à Francfort, à la Banque centrale européenne, sera portée par Monsieur Moulin, donc par un très proche d’Emmanuel Macron », a-t-il ajouté, estimant que cela « pose un problème puisque la politique monétaire européenne a de fortes implications sur la politique économique ».

Le député de la Somme a rappelé la nomination à la Cour des comptes d’Amélie de Montchalin, « très proche » d’Emmanuel Macron et ancienne ministre des gouvernements Bayrou et Lecornu, « nommée alors qu’elle est très jeune et n’a pas les compétences et l’indépendance requises ».

Cet ancien membre de l’équipe du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a également fait allusion à la nomination, au début du mois, de Marc Guillaume à la vice-présidence du Conseil d’État — plus haute juridiction administrative du pays —, présenté lui aussi comme « un très proche d’Emmanuel Macron ». Le tout intervient un peu plus d’un an après la nomination de Richard Ferrand, fidèle parmi les fidèles du chef de l’État, à la tête du Conseil constitutionnel.

La nomination d’Emmanuel Moulin, secrétaire général de l’Élysée, a été validée le 20 mai malgré le vote défavorable de 54 % des parlementaires (58 voix contre, 52 pour), insuffisant pour empêcher sa désignation. Cet ancien directeur du Trésor remplacera François Villeroy de Galhau comme gouverneur de la Banque de France.

Ce dernier, plus haut fonctionnaire français le mieux rémunéré, avait annoncé — à la surprise générale — sa démission un an avant l’expiration de son deuxième mandat, qui devait s’achever après l’élection présidentielle de 2027.

« Couper l’herbe sous le pied » du RN

Une décision prise « en homme libre », avait assuré François Villeroy de Galhau, expliquant avoir répondu à « l’appel » de Jean-Marc Sauvé, président de la Fondation Apprentis d’Auteuil, pour lui succéder.

« Il démissionne dès juin pour s’assurer que son successeur sera nommé avant l’élection présidentielle et jusqu’en 2032 afin, nous dit-on en interne, d’éviter que le Rassemblement national ait une prise sur l’institution financière », rapportait alors BFM Business à propos de cette décision visant à « couper l’herbe sous le pied du Rassemblement national ».

« Ce qui se passe, c’est que Monsieur Macron a fait démissionner Monsieur Villeroy de Galhau et vous a placé à la tête de la Banque de France. Pourquoi ? Pour faire ce que vous avez fait à la tête du Trésor, à savoir maquiller 40 à 60 milliards d’euros de recettes qui ont miraculeusement disparu, entraînant les pires déficits de la Ve République ! », avait accusé Jean-Philippe Tanguy le 20 mai en commission à l’Assemblée nationale, s’adressant directement à Emmanuel Moulin.

Ce même jour, la nomination d’Emmanuel Moulin comme gouverneur de la Banque de France a été validée par le Parlement malgré le vote défavorable de 54 % des parlementaires, insuffisant pour empêcher sa désignation, qui aurait nécessité une majorité des trois cinquièmes dans les deux chambres.

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