L'armée libanaise face au défi du désarmement du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée libanaise face au défi du désarmement du Hezbollah dans le sud du Liban© Getty Images
Armée libanaise au Sud-Liban
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Après la signature de l'accord-cadre entre le Liban et Israël, l'armée libanaise se voit confier une mission dans les zones progressivement évacuées par l'armée israélienne. Chargée de contrôler l'absence d'activités militaires du Hezbollah, elle devra composer avec les réticences du parti chiite et les incertitudes entourant le retrait israélien.

À la suite de la signature de l'accord-cadre entre le Liban et Israël à Washington, l'armée libanaise devient l'acteur central de la mise en œuvre du volet sécuritaire. À mesure que l'armée israélienne se retirera des « zones pilotes », notamment à Zaoutar-Ouest et Froun, les forces armées libanaises auront pour mission de vérifier l'absence de missiles, de caches d'armes et d'activités militaires du Hezbollah avant le transfert complet de ces territoires à l'autorité de l'État.

Cette responsabilité place le commandant en chef, le général Rodolphe Haykal, sous une forte pression politique. Critiqué par certains pour son refus d'engager un affrontement direct avec le Hezbollah, il bénéficie toutefois du soutien du président Joseph Aoun et du président du Parlement Nabih Berri qui considèrent l'armée comme un pilier de la stabilité nationale.

Des soldats américains au Liban

L'institution militaire entend préserver sa neutralité afin d'éviter toute escalade susceptible de raviver les tensions internes. Dans un pays où l'armée demeure l'une des rares institutions véritablement multiconfessionnelles, une confrontation ouverte avec le Hezbollah risquerait d'alimenter de profondes fractures politiques et communautaires.

Si les responsables militaires estiment peu probable que le Hezbollah s'oppose frontalement aux opérations afin d'éviter d'exposer des divisions internes profitant à Israël, le mouvement refuse néanmoins tout désarmement au nord du Litani, ce qui pourrait rapidement conduire à une impasse. De son côté, Israël temporise également en suspendant l'application de certains volets de l'accord, dans l'attente d'un mécanisme de coordination et de l'évolution des discussions entre Washington et Téhéran.

Les États-Unis devraient jouer un rôle majeur dans cette nouvelle architecture sécuritaire. Selon les informations disponibles, le futur Groupe de coordination militaire pour le Liban (MCG4L) compterait environ des dizaines de soldats américains, chargés d'observer les opérations, de superviser leur mise en œuvre et de poursuivre la formation des Forces armées libanaises. Washington fournirait également des équipements de détection capables d'identifier les tunnels et dépôts d'armes souterrains du Hezbollah.

Cette mission reste toutefois particulièrement dangereuse : en août 2025, six soldats libanais avaient été tués lors du démantèlement d'explosifs dans un dépôt d'armes à Zebqine, près de Majdel Zoun. Entre les risques sécuritaires, les tensions politiques et les équilibres confessionnels, l'armée libanaise devra réussir un exercice d'équilibre délicat pour réaffirmer l'autorité de l'État sans compromettre la paix civile.

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