«C’est colossal» : la France prévoit 8,5 milliards d’euros supplémentaires pour ses munitions
© Compte X @gouvernementFRLe Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 25 mars un effort massif pour les munitions : 8,5 milliards d’euros de commandes supplémentaires entre 2026 et 2030. Cette mesure s’inscrit dans l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), qui doit être examinée au Parlement en mai-juin, face aux tensions géopolitiques.
L’urgence des stocks de munitions est au cœur des préoccupations du gouvernement français. Devant l’Assemblée nationale, en ouverture d’un débat sans vote sur la crise au Moyen-Orient, Sébastien Lecornu a insisté sur la nécessité d’un réarmement accéléré.
« L’urgence, ce sont évidemment les munitions. Nous prévoyons d’investir 8,5 milliards d’euros supplémentaires de commandes entre 2026 et 2030, qui s’ajoutent aux 16 milliards de la LPM votée 2023. C’est indispensable. Et (…) c’est colossal », a affirmé le Premier ministre.
Cette enveloppe portera l’effort financier sur les munitions à un niveau quatre fois supérieur à celui de la précédente LPM. Elle vise à reconstituer les stocks (missiles Mistral, obus de 155 mm, munitions de petit calibre) et à soutenir l’industrie de défense dans un contexte de « guerre de haute intensité ».
La loi actualisée sera présentée en Conseil des ministres le 8 avril, puis débattue à l’Assemblée nationale la semaine du 4 mai et au Sénat à partir du 1er juin. Elle s’inscrit dans une hausse globale du budget défense à 413 milliards d’euros sur sept ans, soit +40 % par rapport à la période précédente, avec l’objectif d’atteindre 2 % du PIB consacré à la défense dès 2025.
🔴🇫🇷 Le Premier ministre @seblecornu annonce la création de « France Munitions », une plateforme pour répondre aux besoins des armées françaises et de nos alliés.
— Actu Macron-Lecornu (@AvecLecornu) March 25, 2026
Objectif : augmenter les volumes de production, sécuriser les stocks et mieux répondre aux besoins stratégiques. pic.twitter.com/7SsnMtJ0j1
Parallèlement, Sébastien Lecornu a annoncé la création de la plateforme « France Munitions », un « grossiste de munitions » financé par l’État et des investisseurs privés, destiné aux armées françaises, aux alliés et à l’export.
Un plan de 300 millions d’euros soutiendra également l’industrie « duale », c’est-à-dire civile et militaire. Le chef du gouvernement inaugurera bientôt dans l’Essonne une nouvelle usine produisant « des milliers de drones par mois ».
La LPM prévoit aussi un « nouveau régime d’état d’alerte de sécurité nationale » permettant, en cas de menace grave, d’accélérer les procédures, de simplifier les normes et de faciliter le déploiement des forces sur le territoire.
Le Premier ministre réunit ce 26 mars plusieurs ministres à Matignon pour faire le point sur « l’économie de guerre » dans un contexte incertain dans le détroit d’Ormuz. Le chef du gouvernement a fait part de son inquiétude : « Nous devons tout faire pour que cette crise de circulation ne devienne pas une crise de production. »
En plus de la question des munitions, Paris serait, en cas de conflit de haute intensité, incapable de garantir son ravitaillement en carburant. En mai 2025, un rapport parlementaire alertait sur le fait que la France ne tiendrait que « quelques semaines » en cas de guerre majeure.